Amazonas
Rimon Guimarães · 2012
Brésil, 1988
26 œuvres au catalogue

texte — Alexandre Radaev, 2026photo — Camilà Cornëlsen, 2015
Rimon Guimarães (né en 1988) appartient à une génération née de l'art de rue brésilien — une école qui a sa propre généalogie. Le pixação de São Paulo, les fresques monumentales d'Os Gêmeos, la naïveté de Kobra : la rue brésilienne a donné à la scène mondiale plus de langages autonomes que tout autre pays hors des États-Unis.
Guimarães a commencé à Curitiba par le collage d'affiches et les interventions urbaines ; il a peint depuis des fresques dans plus de vingt-sept pays, de la Gambie à la Malaisie. Il est autodidacte, et dans son cas ce n'est pas un détail biographique mais une méthode : au lieu d'une formation académique, il a choisi le regard du voyageur et l'assimilation directe de la tradition visuelle afro-brésilienne, du masque rituel au costume de carnaval.
Si l'on cherche sa place sur la carte, elle se situe entre deux pôles. D'un côté, la ligne moderniste issue de Tarsila do Amaral et de son « Anthropophagie », avec l'idée que la culture brésilienne n'emprunte pas ce qui lui est étranger mais l'avale et le digère. De l'autre, la vague mondiale actuelle des artistes de la diaspora, qui ont ramené la peinture figurative sur l'identité noire au centre du marché et des programmes muséaux.
Guimarães travaille à cette jonction, mais avec les outils de la rue : grandes formes, contour net, couleur franche, composition conçue pour être lue de loin et à toute vitesse.
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